lundi 18 avril 2005

SAHARA (21) : ETHNOLOGIE DES AÉROPORTS

Aéroport de Djanet
L'attente.
Un avantage, tout de même : l'aéroport est climatisé.
Pardon, à l'instant où je l'écris, l'aéroport est privé d'électricité, donc de climatisation. Hum.
Je t'épargne les premières péripéties horaires : sache seulement que nous sommes arrivés à l'aéroport à midi, qu'il est 13h50, et que nous ne sommes pas sortis de l'auberge.
Il faut savoir que notre avion effectue une boucle à multiples escales (Paris CdG - Marseille - Tamanrasset - Djanet - Marseille - Paris CdG), ce qui multiplie les occasions de retard.
Nous avons grignoté une bonne partie des provisions achetées à Djanet. Certains sont assis sur des sièges — il n'y en a évidemment pas assez pour tous les passagers qui attendent, comme dans toute gare et tout aéroport — d'autres assis par terre — les deux hommes, stressés, restent debout, traversent régulièrement la salle en quête d'informations — Y*** étendu à demi sur les sacs les plus mous. Les coupures d'électricité semblent fréquentes, nous privant à la fois de clim et... de l'annonce des horaires, qui de toute façon est purement indicative, les renseignements les plus fiables étant transmis par les rumeurs orales.
L'appareil numérique prêté par un ami est arrivé à cours de batterie au bout de 3 jours.
14h30 — On nous annonce que l'avion vient de décoller de Tam, dernière escale avant Djanet. Tout espoir n'est pas perdu : la clim fonctionne.
14h45 — Les gens sont très calmes. Plusieurs groupes se sont assis en cercle par terre, jouant aux cartes ou bavardant. Personne ne se plaint, personne ne parle fort.
L'écran des annonces est bloqué depuis une bonne demi-heure sur un paysage de désert rougeâtre agrémenté de la phrase "Nous vous souhaitons un agréable voyage" en arabe et en français. Nous sommes dans les pages d'un livre : Le Voyageur immobile.
La musique d'ambiance est discrète mais amusante : elle consiste en remix arabes de chansons occidentales. L'orchestration orientale du tube de Titanic est franchement hilarante.
15h05 — Celle-là mérite d'être racontée. Ils sont à court d'étiquettes pour les bagages et doivent attendre l'arrivée de l'avion de Tam pour en récupérer un stock et pouvoir poursuivre l'enregistrement.
Mais l'écran annonce toujours l'atterrissage à 13h55 : tout est sous contrôle... mais C*** envisage un putsch pour prendre en mains cet aéroport.

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