mardi 24 avril 2007

CHÂTEAUX DE LA LOIRE (6) : L’ENFANT ET LE DRAGON

Chambre 35 du Domaine des Hauts de Loire .
Avant la Chambre Merveilleuse, il y eut Blois, son château, sa vieille ville et sa Maison de la Magie. Et bien sûr il faudrait en parler ici, de la visite guidée que nous avons rattrapée avec un quart d’heure de retard — des suggestions effarantes de certains touristes (« H c’est le monogramme d’Henri. Ah oui, mais d’après ce qu’on m’a dit, ça pourrait être H comme Homosexuel, non ? Mwahaha. ») — des multiples tableaux autour de l’assassinat du duc de Guise, avant, pendant, après et dans ses ricochets (assassinat du cardinal de Lorraine, procession de la Ligue, assassinat d’Henri III) et à parti pris divers, tantôt royaliste, tantôt guisard, mais toujours dramatisé.
« Tu me le liras, hein ? » demande mon Bien-Aimé, l’œil pétillant. Oh oui. Et de fait, j’ai très envie de le lui lire, de lui parler, d’oublier Blois. Il faudrait dire encore pourtant le spectacle de magie, mon côté enfant, mon côté cul-cul, les affiches de magiciens de la fin du XIXe siècle, que nous avons ensuite vainement cherchées dans la boutique, la Galerie des Illusions et ses multiples miroirs, et comment nous avons envisagé d’y retourner à la nuit tombée, les visiteurs partis.
Il faudrait au moins parler du Dragon. Le Dragon d’or qui à chaque heure sort ses six têtes des fenêtres du musée Robert-Houdin et mugit, peut-être en anglais, ou dans quelque langue plus ancienne, et se tord, et arrache les grilles des fenêtres — mais, comme c’est un dragon très poli, il remet tout en place en retournant se coucher. Et nous, comme des enfants, guettant l’heure et bondissant de nos chaises, place du château, pour aller l’admirer.
Car ce sont des châteaux de légende aussi bien que d’histoires, peuplés non seulement des rois de ce monde mais aussi de lutins ambitieux, de dragons fatigués et de savants visionnaires — de celui-là nous reparlerons demain.

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